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Le témoignage de Cyril, ancien porté d'une société de portage salarial qui a été liquidée.

Mains qui se joignent, entraide

L'entretien s'est déroulé le 06 novembre 2023 en visioconférence entre Cyril DESCHAMPS, salarié porté chez Portify et Aurélie DUVIQUET, conseillère en portage salarial chez Portify.


Aurélie : Cyril est-ce que tu peux m’en dire plus sur ton métier actuel ?


Cyril : Donc moi, je suis ingénieur informatique. J’assume cette casquette tout en ayant également une expérience en gestion de projet. Au niveau informatique, je m’occupe de toute la partie serveur et des différentes solutions, ainsi que des projets de renouvellement de solutions. Pour mon client, cela se concentre davantage sur la partie industrielle. Cela peut concerner divers aspects tels que la gestion des talkies-walkies, les entrées sorties des bâtiments, et bien d’autres choses.


Aurélie : Depuis combien de temps es-tu dans l’IT ?


Cyril : J’ai commencé à travailler de par l’apprentissage à mes 18 ans, maintenant ça fait 15 ans. Et je suis chez mon client actuel depuis un peu plus de 5 ans.


Aurélie : Quand as-tu voulu passer du salarié classique au freelance ?


Cyril : Dans l’informatique, nous sommes souvent en société de service, et j’étais également dans ce cas. J’ai beaucoup bougé avant de finir chez mon client actuel. J’avais des difficultés à obtenir une augmentation, alors j’ai décidé de changer de société de services pour rejoindre une structure un peu plus à taille humaine, où j’avais des relations. Cela m’a permis d’obtenir une augmentation de salaire assez intéressante. Cependant, le business a été racheté plusieurs fois. Actuellement, je suis en mission sur Dunkerque, mais ma société de services est principalement basée à Lille.


Aurélie : Donc tu étais salarié de ton ESN et à un moment donné tu t’es rendu compte qu’il n’y avait pas de plus-value d’être salarié de l’ESN. C’est ça ?


Cyril : Oui et puis du coup, j’ai rencontré des gens qui étaient déjà en portage, j’ai pu discuter avec eux, voir un peu les avantages et les inconvénients. Enfin discuter un peu de tout ça, et puis ça m’a convaincu. Maintenant, on est six collègues à être chez Portify, on est tous passé plus ou moins les uns après les autres.


Aurélie : Alors pourquoi as-tu choisi le portage salarial et non la création de société ?


Cyril : Parce que je voulais garder ce statut de CDI même si c’est en portage salarial, et aussi pour plus de simplicité. J’avais pas non plus envie de me lancer dans tout un processus de création d’entreprise. Là, pour moi, il y a juste ce qu’il faut qui est géré de manière autonome, et puis, après je fais mon boulot qui consiste à faire de l’informatique et non à gérer une entreprise.


Aurélie : Comment est-ce que tu as connu Portify ?


Cyril : Par l’intermédiaire d’un collègue qui avait déjà entrepris les démarches avec Portify pour une autre mission, les retours étaient positifs. Ensuite, lorsque nous nous sommes retrouvés à la recherche d’une société de portage, nous avons effectué quelques comparatifs. Nous avons pris contact avec la Fedep’s (Association des utilisateurs du portage salarial) qui nous a aidé dans nos recherches, car nous étions dans une situation compliquée, mais nous en reparlerons après. Ils nous avaient aidés, et finalement, nous sommes arrivés sur Portify. Nous avions discuté avec vous, et le feeling était bien passé. Nous obtenions plus ou moins la transparence que nous recherchions.


Aurélie : Qu’est-ce qui t’a amené à changer de société de portage ?


Cyril : Et bien du coup la liquidation de la précédente société. Donc nous avons découvert que la société de portage dans laquelle nous étions salariés allait être liquidée, étant donné qu’elle était en redressement judiciaire. En réalité, cette information était mentionnée dans le dernier paragraphe d’une newsletter mensuelle, que j’étais le seul à avoir lu, donc je l’ai partagée avec mes collègues. Nous nous sommes ensuite renseignés, et franchement, les informations nous parvenaient au compte-gouttes. Finalement, nous avons réussi à apprendre qu’il y aurait un jugement en juin 2023, et que la décision de liquider ou non la société serait prise à ce moment-là. En faisant des sondages ici et là, en recueillant des échos, nous avons découvert qu’il était très probable que la société soit effectivement liquidée.


Aurélie : Est-ce que tout de même, la société de portage vous a orienté sur une suite ?


Cyril : Pour nous, cela a été plus complexes en réalité, cela dépend de la relation que vous avez avec la personne chargée du suivi, dirons nous. Je pense que la nôtre n’avait pas tous les éléments nécessaires, et qu’elle était également en mauvaise relation avec la société, car même les personnes en interne de cette société de portage salarial ne recevaient plus leur salaire. Notre chargée de suivi est partie en congé, et finalement, elle n’est jamais revenue. Nous n’avions reçu aucune information de la part de la chargée de suivi. Elle m’a même laissé signer la fin de période d’essai sans rien nous dire, alors qu’elle savait déjà que la société était en redressement. Si j’avais su, je serais resté en période d’essai, peut-être aurais-je pu partir plus rapidement. C’est pourquoi nous n’avons pas été prévenus à l’avance, c’était trop tard, entre guillemets, pour nous permettre de partir. Même en cas de démission, le délai était trop court par rapport au jugement, donc c’était déjà compromis. Il ne restait plus qu’à attendre que le jugement soit prononcé et à entreprendre les démarches nécessaires.


Aurélie : Et comment l’avez-vous vécu professionnellement et personnellement ?


Cyril : C’était déjà un peu compliqué vis-à-vis du client, car d’une part, ils ne voulaient plus que nous venions travailler, craignant la liquidation de la société. Ils ne savaient pas si nous pouvions venir travailler sur le plan juridique, comment cela allait se passer, etc. Mais nous ne pouvions pas non plus travailler directement avec Portify, car nous n’étions pas officiellement libérés de l’autre société. Nous étions un peu dans une impasse, et il y a eu trois semaines à un mois pendant lesquels nous n’avons ni pu facturer ni travailler.


Lorsque je suis passé en portage, j’avais prévu un voyage pour tout le mois d’avril. J’ai utilisé mes indemnités de mon ancienne entreprise, celle dont j’ai démissionné, pour partir en voyage pendant un mois. Cependant, je n’ai pas eu de salaire pendant ce mois d’avril. En mai, j’ai tout juste reçu mon salaire, et en juin, c’était la liquidation. En juillet, nous avons rejoint Portify. Ainsi, tous les projets, que ce soit sur le plan financier ou la recherche d’une maison, ont été repoussés, car il faut de l’argent, les trois dernières fiches de paie correctes pour certaines démarches et si elles indiquent 0€ ou qu’il n’y en a pas, c’est compromis.


Ensuite, il y a aussi l’aspect un peu plus moral et psychologique, on se retrouve dans le flou, sans savoir si on va recevoir de bonnes nouvelles après les mauvaises. C’est un véritable ascenseur émotionnel, et c’est compliqué. Donc voilà, ça suit son cours.


Aurélie : Et du coup qui vous suit par rapport à ça ? C’est toujours la société de portage ou c’est le liquidateur ?


Cyril : Parfois, nous recevons quelques messages des représentants du personnel de l’ancienne société de portage salarial qui tiennent à jour. Sinon, ce sont principalement les liquidateurs qui nous envoient les informations.


Aurélie : Et comment ça se passe depuis que vous êtes chez Portify ?


Cyril : Eh bien, écoutez, plutôt bien. Je n’ai rien à gagner à le dire, mais ça se passe bien. Pour l’instant, nous n’avons pas de soucis. C’est juste que si je peux souligner les points de différences avec d’autres sociétés, c’est que nous avons été étonnés de ne pas avoir un genre de back office ou d’outils intégrés pour déclarer tous nos documents, comme on peut en avoir dans d’autres sociétés. Au début, nous nous sommes dit que cela pourrait être plus compliqué, mais au final, ça se passe mieux, donc on s’en fiche ! Ce n’est pas plus mal. Non, c’est réactif, au niveau du back office, nous sommes payés dans les temps, et quand j’ai des questions, c’est plutôt clair. Donc pour l’instant, je n’ai rien à dire.

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